Un soir heureux à Viroflay

21 déc.

Elles sont sept jeunes femmes porteuses de trisomie 21 à vivre en autonomie, dans une magnifique villa située au cœur de la ville.

Située à proximité des commerces et des transports, la Maison Sainte-Thérèse est l’une de ces très belles villas en meulières construites jusqu’au milieu du XXe siècle à Viroflay. Plantée au cœur d’un grand et beau jardin privatif, la demeure récemment rénovée et aménagée présente une autre particularité. C’est pour ainsi dire une maison pilote. D’abord, parce que les dernières normes de développement durable ont été suivies lors de sa rénovation, mais surtout parce que ses sept colocataires sont toutes porteuses de trisomie 21. Nous sommes allées à leur rencontre un mardi soir un peu avant 19h, deux des sept colocataires, Claire, 27 ans, et Anne-Laure, 41 ans, sont ce soir-là chez leurs parents.

La nuit est déjà tombée. Le salon et la grande cuisine à l’américaine sentent bon le dîner préparé par Claire, l’éducatrice-maîtresse de maison. Sur un coin des fourneaux les pommes offertes par un voisin caramélisent tranquillement. « Presque tous les voisins sont venus sonner à la porte pour nous proposer de l’aide et des conseils », précise-t-elle. « Ils nous offrent de tout. L’un d’eux nous a prêté sa tondeuse. Une fois par semaine, une jeune voisine vient bénévolement donner des cours de chant. On sent beaucoup de bienveillance et de générosité autour de nous. » Le cadre est joliment posé.

En attendant l’heure du repas, 19h30, les rires et les bavardages vont bon train. Pas de télévision, pas de portable (ils sont posés dans un panier, en attendant la fin du repas et des activités en commun).
« Ça sent bon ! Avec Claire, la cuisine c’est à tomber par terre », clame Marie-Joëlle, 23 ans. « Parfois on lui donne des notes, jusqu’à 40 sur 20 ! Moi, je travaille au Mac Do de Trappes depuis trois ans. J’ai commencé comme stagiaire et maintenant je travaille en CDI, tous les jours de 11h à 14h. Je connais le chemin comme ma poche ! Cette maison, moi, elle me touche au cœur, j’aime beaucoup son nom. J’ai ma famille en dehors de cette maison, mais ici, mes amies c’est comme une deuxième famille. J’ai de tout dans ma chambre, on a toutes notre salle de bain, c’est notre coin privé. »

Julie, 33 ans, en foyer depuis douze ans, ponctue toutes les fins de phrases de Marie-Joëlle d’un magnifique éclat de rire. « Au CITL de Sèvres (Centre d’insertion par le travail et les loisirs), on fait plein de choses. Je chante dans la chorale, je fais aussi des ateliers cuisine, citoyenneté et musique. Bientôt on va faire une sortie à Rueil pour aller voir Napoléon. » Tout en parlant, Julie vous dévore d’un regard intense et lumineux.

Postée au coin de la table, Odile, 33 ans, semble plus réservée. Mais, ce n’est qu’une apparence ! Elle raconte Hong-Kong où elle a vécu dix ans grâce à son papa, le cheval qu’elle montait et l’anglais qu’elle commençait à parler mais qu’elle a oublié. « Ici, je suis chez moi et je tiens à ma place. Cette maison, pour moi c’est un palace. Ma chambre est plus grande qu’avant, c’est ma pièce unique. J’invite parfois des amies pour parler, mais on se couche à 22h pile… en général ! Je travaille en ESAT (Établissement et service d’aide par le travail), à Buc, depuis 15 ans. Je fais du conditionnement en milieu stérile pour les laboratoires. On est chacune sur sa table, on fait des chaînes. En ce moment je suis à la soudeuse, je ferme les sacs que mes collègues ont remplis. »

Aurore, 22 ans, qui écoutait discrètement s’est rapprochée. Elle travaille avec Odile. « On part ensemble le matin pour prendre nos bus. Moi, je la trouve super cool cette maison, on adore nos voisins. Ils sont super gentils avec nous. Ils nous donnent de tout. Le dimanche on est allé au poulailler, pas très loin d’ici, j’aime bien m’occuper des animaux. On aimerait bien avoir des poules à nous, peut-être qu’on va en avoir si les maîtresses de maison sont d’accord. » Elle a terminé la conversation comme elle est arrivée, et m’a quittée pour aller jouer du piano en compagnie de Julie dans la salle d’activité située au sous-sol.

Maguelone, 28 ans, a pris sa place. « Moi je vais au CITL, à Paris, en transport en commun. Je suis occupée toute la journée, je fais le café, on bricole toutes ensemble et on s’amuse. J’adore cette nouvelle maison. Mon service préféré, c’est mettre la table comme ce soir. Ma chambre est belle, elle est bleue, ma couleur préférée. Quand je suis chez mes parents je fais des parcours à poney et je gagne des flots. (C’est une championne d’équitation me souffle Marie-Joëlle.). Ici, c’est pas chacun pour soi, c’est beaucoup le partage. C’est bien. »

Claire, qui a terminé de préparer le repas, sonne le rappel des troupes autour de la table. Debout devant leurs assiettes, pensionnaires et maîtresse de maison entonnent en chœur le bénédicité. Il est déjà l’heure de quitter cette équipée joyeuse et généreuse, qui nous invite à venir partager leur repas quand nous le souhaitons… C’est promis !

Pour soutenir Les Maisons Saint-Joseph ou rejoindre l’association et devenir bénévole : lesmaisonssaintjoseph@yahoo.fr

Plus d'info : www.fls-fondation.org

[ Dernière mise à jour : 06.01.2022 ]

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