Hommage aux artistes Camoufleurs de 1914 - 1918

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21 sept. > 21 oct.

Tromper l'ennemi

Hommage aux artistes camoufleurs de la Grande Guerre

L’exposition présentée à l’Ecu de France par l’association du Souvenir de Corot rappelle l’histoire méconnue et étonnante de ces artistes qui ont fait se croiser l’art et la tactique militaire. Rencontre avec Cécile Coutin, conservateur en chef honoraire du patrimoine.

Lors de la Grande Guerre, l’armée se dote, pour la première fois d’une section de camouflage, constituée de plus de 200 artistes. Comment est-elle née ?

Elle est créée officiellement en août 1915 grâce à l’initiative d’artistes qui l’expérimentent dès septembre 1914. L’un d’eux, Lucien-Victor Guirand de Scévola, peintre, mobilisé dans l’artillerie constate que son canon, parce qu’il brille au soleil, est repéré par l’aviation allemande et est aussitôt bombardé. Un de ses amis, décorateur de théâtre, Louis Guingot, lui propose une grande toile bariolée aux couleurs de la nature pour protéger son canon. Le camouflage est né ! D’autres artistes les rejoignent. Ils finissent par convaincre l’armée. Pendant trois ans, ils seront plus de 200, des peintres dont une dizaine de cubistes, des décorateurs de théâtre,  des sculpteurs, à mettre au point cette arme qui trompe mais ne tue pas. Ils joueront un rôle important pendant la guerre en sauvant de nombreuses vies.

Quelles vont être leur réalisation ?

Ils vont imaginer de faux arbres pour créer des postes d’observation de l’ennemi, de fausses ruines ou encore de fausses vaches pour faire croire à l’aviation allemande qu’elle observe un simple champ alors que l’armée française y a positionné des batteries d’artillerie dissimulées sous des filets. Ces artistes se déplacent sur le terrain, font les croquis et dirigent ensuite, pour la réalisation, des mécaniciens, menuisiers, carrossiers. En 1918, 3 000 hommes et 10 000 femmes travaillent pour cette section de camouflage. Parmi leurs réalisations les plus spectaculaires, il y a eu le camouflage du Grand Canal à Versailles, qui était un repère pour les avions allemands de bombardement. Les artistes le font disparaître en le recouvrant de pontons en bois flottants bariolés de tâches de couleurs vertes, ocres et brunes, sur lesquels ils posent des branchages ! Très ingénieux, ils imaginent même la création d’une fausse ville de Paris pour détourner les bombardements nocturnes. Fabriquée dans le nord de la capitale avec un système d’éclairages et de projections lumineuses donnant l’impression d’une ville en activité, elle ne sera en fonction qu’en septembre 1918 et n’aura donc pas le temps de jouer son rôle.

Pourquoi leur existence est-elle restée longtemps secrète ?

Parce que l’Armée ne souhaitait pas que l’ennemi puisse être renseigné. Toute personne étrangère aux services du camouflage ne pouvait entrer dans les ateliers où était conçu et fabriqué le matériel. Après la guerre, ces artistes, dont certains sont aujourd’hui très connus comme le peintre André Dunoyer de Segonzac, Joseph Pinchon, le créateur de Bécassine, ou encore Paul Landowski, le créateur du Christ du Corcovado à Rio de Janeiro, n’ont pas jugé intéressant de mentionner sur leur CV cette période, estimant qu’elle ne correspondait pas à leur ligne artistique. Ce n’est que dans les années 70, par des recherches historiques, qu’ils sont redécouverts. Malheureusement, ils sont encore aujourd’hui méconnus du grand public. Cette exposition est l’occasion de les mettre dans la lumière alors que nous célébrons le centenaire de la Grande Guerre. 

Cécile Coutin est l’auteur de l’ouvrage Tromper l’ennemi - L’invention du camouflage moderne en 1914-1918, Editions Pierre de Taillac, 2e édition, 2015. Elle donne une conférence dimanche 7 octobre à 15h à l’auditorium - 74, avenue du Général Leclerc.

Infos pratiques
Hommage aux artistes camoufleurs de 1914-1918

Exposition du 21 septembre au 21 octobre

Vernissage jeudi 20 septembre à 18h30

Galerie A l’Ecu de France - 1, rue Robert Cahen / 78220 Viroflay/

Présentation de certaines œuvres de ces artistes ainsi que des œuvres d’artistes contemporains qui ont choisi le thème de la paix pour cette 67e édition du Souvenir de Corot. 

Infos pratiques

Horaires :

Du 21 septembre au 21 octobre. Galerie A l’Ecu de France. Ouvert tous les jours de 14h à 19h. Entrée libre.

Vernissage jeudi 20 septembre à 18h30.

Conférence dimanche 7 octobre « Comment faire tomber l’ennemi dans le décors ? ».

Réservation / Billetterie :

 

[ Dernière mise à jour : 03.10.2018 ]

Localisation

L'Ecu de France

Adresse1, rue Robert Cahen - 78220 Viroflay

01 39 07 11 80

Contacter par mail

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Organisateur

L'Ecu de France

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