Exposition – Évasion sous-marine
Du 7 février au 29 mars 2026.
📍 Galerie À l’Écu de France
🕒 Vernissage – Jeudi 12 février 2026 à 19h
🎟️ Entrée libre – Du mardi au dimanche, de 14h à 19h
📌 Visites commentées gratuites tous les mercredis et dimanches à 16h30
ÉVASION SOUS-MARINE ET PROFONDEURS ENCHANTÉES
Faisant suite à deux expositions célébrant la faune terrestre dans toute sa puissance et la grâce aérienne des oiseaux, ce troisième volet nous entraîne dans les profondeurs des mers et des océans. Là encore, l’art inspiré par le monde marin puise ses sources dans l’antiquité, en témoignent notamment les mosaïques des villas romaines ou les fresques pompéiennes. Plus près de nous, les plus grands noms de la peinture s’en sont inspirés. Pour ne citer que Monet, qui joue de son pinceau pour animer la surface de la mer de reflets chatoyants et mouvants, ou Salvador Dali, qui fait émerger des abysses d’oniriques créatures hybrides…
Si aujourd’hui, la palette des artistes s’est enrichie d’une dimension écologique dénonçant les méfaits de la pollution sur la plupart des eaux de la planète, la proposition des neuf artistes exposés à l’Écu de France n’est pas uniquement celle-là, même si elle est toujours sous-entendue. Elle se présente davantage comme une ode à la poésie, à la magnificence de ce monde hypnotique et de ses merveilles inconnues.
À l’image des bouquets de fleurs fantastiques de l’artiste Claire GretL qui semblent surgir des corps translucides de méduses et se nourrir des bras des calmars opalescents pour ressembler à des fleurs terrestres ou des anémones de mer chimériques. « Ma démarche consiste à imaginer des hybridations entres les espèces pour raconter de nouvelles histoires et nous inviter à tisser des liens poétiques entres des éléments habituellement séparés. » Pour réaliser ses sculptures de grès et de porcelaines Christelle Cadoret façonne ses terres à pleine main, comme le boulanger pétrit sa pâte. De ses mains et de ses doigts experts naissent des boules en forme de récif d’où explose une multitude de coraux-champignons dont l’élégante blancheur de la porcelaine contraste avec les ocres du grès. Pour la céramiste l’idée n’est pas de copier mais de s’inspirer et, surtout, de jouer avec l’improbable assemblage des terres et de leur rétractation lors de la cuisson. S’il s’agit encore de porcelaines blanches modelées à la main, celles de Cécile Fouillade, alias Siqou évoquent le froid de l’Arctique. Ses animaux extraordinaires ou ses ossements d’animaux polaires s’inspirent de ses résidences d’artiste menées lors d’expéditions maritimes au Groenland, en Norvège et en Islande. À ses yeux, seule la porcelaine symbolise ce territoire aussi solide que fragile fait de neige et de glace.
Les œuvres du brodeur de perles Blaise Seguin, comme celles de la brodeuse-crocheteuse Annie Cicatelli sont de celles qui affichent plus clairement le besoin de préserver l’environnement, mais toujours dans une explosion de couleurs et de poésie. Le premier sculpte des créatures fantastiques nées de deux mondes. Ses sculptures souples féériques naissent des laisses de mer, de broderies de perles colorées, de pinces de crabes, d’étoiles de mer échouées sur le sable ou de tests d’oursins et de coquillages blanchis par le soleil. Pour la seconde tous les rebuts textiles sont bons pour être transformés en œuvres d’art inspirantes et originales, mêlant tradition et modernité à son engagement écologique. Ses tableaux textiles sont un hymne vibrant aux fonds marins où explosent à profusion anémones de mers colorées et algues chevelues ondulantes.
S’inspirant des cabinets de curiosité et des spécimens conservés dans les bocaux au formol, l’artiste verrier William Geffroy, emprisonne dans des sphères de verre et d’eau des créatures marines réelles ou fantastiques. Ses méduses graciles, ses poulpes sinueux, ses crabes élégants et autres créatures des profondeurs prennent vie pour révéler un monde marin enchanteur sublimé par la couleur et la transparence. Illustratrice pour la jeunesse experte en univers naturaliste, Caroline Picard est, quant à elle, spécialisée dans la découpe de papier. Elle croque et sculpte avec sa lame affutée la biodiversité dans sa variation infinie. Qu’elles se présentent à plat ou en plan théâtre les œuvres créées sous sa lame affutée exprime en motifs ajourés et délicats la beauté fragile des fonds marins.
Créatrice d’accessoires pour le spectacle vivant pendant une vingtaine d’années, Sylvie Châtillon se consacre désormais à la création d’objets-sculptures à la fois abstraits et figuratifs. Tout droit sortis de
son imaginaire ses poissons et autres animaux marins sont recouverts de plumes et semblent voler dans l’eau au gré d’un souffle d’air ou d’un courant de bras de mer imaginaire. Pure poésie.
LE PETIT MONDE ENFOUI DE CAROLE FORGES
Pour l’artiste graveur, dessinatrice, Carole Forges, enfant du littoral breton aux origines méditerranéennes, le bord de mer a toujours été son terrain de jeux. Sa respiration et sa source d’inspiration.
« Très jeune, je me suis créé mon propre cabinet de curiosité avec les sargasses et autres algues déposées par les marées, avec les cailloux roulés par la mer… Ils m’ont longtemps servi de modèles pour mes gravures, et continuent de l’être, notamment pour les gravures au burin sur cuivre imprimées sur d’anciennes cartes marines bretonnes présentées pour cette exposition. Depuis que je fabrique mon papier «washi» en fibre de murier, selon la méthode japonaise, j’ai aussi décidé de les mettre en scène. » Sous les doigts précis de l’artiste, séchées, blanchies ou non, les algues reprennent vie
« Il n’y a qu’à regarder, la nature nous donne tout ! »
L’Écu de France présente également à cette occasion une exposition scientifique sur les fonds sous-marins à la bibliothèque en partenariat avec Versailles Grand Parc et le Muséum national d’Histoire naturelle.
Avec les œuvres de
Dans son travail, Christèle Cadoret cherche à expérimenter de nouvelles techniques, notamment l’assemblage des grès et des porcelaines. Elle façonne la porcelaine pour sa blancheur, sa douceur, sa pureté et sa capacité à être travaillée tout en finesse. Elle aime travailler le grès pour son côté brut, ses teintes chaudes et naturelles.
Attachée aux formes organiques, la nature, les paysages qui l’accompagnent nourrissent ses rêveries dans des voyages imaginaires.
Diplômée en Design des Beaux-Arts de Saint-Étienne, Sylvie Châtillon a consacré plus de deux décennies à la création d’accessoires pour le spectacle vivant. Son parcours est marqué par la polyvalence et l’adaptation : après avoir obtenu son DNSEP en 1995, elle devient scénographe puis entame une collaboration en tant qu’accessoiriste, tout en explorant presque tous les rôles des coulisses du théâtre jusqu’à la régie générale. Forte de cette expérience et l’arrêt «pandémique» de ce tourbillon, elle se recentre sur une création plus personnelle.
Aujourd’hui, Sylvie se consacre à la création d’objets-sculptures, fusionnant la poésie et la nature dans des pièces uniques où la dualité devient équilibre et l’imaginaire prend forme.
Ces sculptures imaginaires naissent de la nature, de l’opposition des matériaux par leur origine, leur texture, leur perfection ou non, ou leur symbolique. De la dualité nait l’équilibre, de l’équilibre nait le mouvement. Ce tout est donc vivant…
Annie Cicatelli est une créatrice française ayant vécu plus de 20 ans au Brésil. Son parcours atypique l’a conduite du journalisme au monde de l’art textile. Pendant plus d’une décennie, elle s’est consacrée à la broderie, créant des dessins pour la broderie au point de croix, participant à des salons et expositions, publiant des livres et des carnets.
En renouant avec ses souvenirs d’adolescence au Brésil, est née l’idée d’utiliser le crochet sous un nouvel angle. Déterminée à moderniser cette technique et à relever de nouveaux défis, Annie a entreprit une démarche écologique et artistique, utilisant le crochet pour parler de la préservation des océans, des fonds marins, et de l’importance de diminuer notre production de déchets.
Passionnée par les régions polaires, l’artiste Siqou tente de recréer un univers de porcelaine froid à la fois délicat et puissant.
Après une formation en design graphique, elle s’oriente vers un Brevet des Métiers d’Arts en céramique, puis elle se forme durant un an à la Maison de la Céramique de Dieulefit. C’est grâce à ses expéditions maritimes au Groenland, en Norvège et en Islande que l’artiste trouve l’inspiration. Elle tente de retrouver les textures et formes animales qu’elle a pu observer sur ces territoires froids et fragiles.
Pour cette exposition, elle présente une sculpture murale composée de centaines d’écailles de porcelaine colorées, modelées et émaillées individuellement, afin de reconstituer la peau bleutée et violacée du maquereau, magnifique poisson dont la situation est préoccupante. La population de ces poissons a chuté de façon dramatique en Atlantique Nord, fragilisé par le réchauffement climatique et la surpêche.
Né en 1975 en bordure de la baie du Mont-Saint-Michel, Blaise Seguin y passe ses dix premières années. Installé à Paris, il travaille comme ingénieur pour l’exploitation des grandes profondeurs marines, et retourne régulièrement se ressourcer dans la baie. Et en 2016, il se lance dans la broderie de perles, un peu par hasard, ou pas. Ses sources d’inspiration sont la diversité et le foisonnement de la vie sur le littoral. Il associe aux perles des éléments naturels collectés sur l’estran. Il cherche à construire des échanges autour de ses créations, susciter des réactions, des rencontres et pourquoi pas des collaborations.
www.instagram.com/blaiseseguin
Illustratrice jeunesse spécialisée dans l’univers naturaliste, rodée à la rigueur d’exactitude de l’image documentaire, Caroline Picard dessine la biodiversité sous toutes ses formes. Diplômée en direction artistique, elle enseigne l’illustration en école d’art et poursuit son travail auprès de diverses maisons d’édition.
Dans son travail personnel, elle développe l’étude des univers organiques qui n’offrent aucune limite à l’imaginaire. Elle compose, assemble, explore. Elle dessine et découpe le papier pour interpréter ce monde fascinant, inépuisable source d’inspiration. Genèse cellulaire, algues fragiles, fossiles ou dentelles de coraux se forment au fil du crayon et de la lame. Parasite ou symbiose, renouveau ou déclin, un monde ou le vivant, tenace, ne cesse de se frayer un chemin.
Graveure, dessinatrice, artiste papier, Carole Forges est une artiste aux multiples facettes. L’océan et les mouvements incessants et hypnotiques de l’eau, de la mer sont pour elle sa respiration et la source de son inspiration.
Ses profondeurs, sa faune, sa flore, méconnues pour une grande majorité, avec ces formes bizarres, étranges, belles ou terrifiantes. Tout ce monde aquatique (littoral breton) ressort dans ses gravures, ses dessins, ses Natures mortes présentées sur un papier fait main.
William Geffroy est un artiste verrier, fileur au chalumeau. Il s’inspire des cabinets de curiosités, des naturalistes et des fonds marins pour donner naissance à de multiples créatures par le truchement du verre soufflé. Il aime travailler avec les couleurs, jouer avec les transparences et l’opacité.
L’artiste verrier a mis longtemps à trouver ses marques. Après avoir fait de la décoration sur miroir, William Geffroy s’est essayé au bestiaire classique et aux bijoux. Mais, au bout de plusieurs années de pratique, il a trouvé sa voie grâce à la flore et la faune marine.
Claire GretL est une artiste plasticienne installée au sein des ateliers Pépina à Angers. L’artiste réalise des peintures, des dessins, des fresques murales et des objets sur le thème du vivant, afin de mieux comprendre les relations que nous entretenons avec notre environnement. Sa démarche consiste à imaginer des hybridations entre les espèces naturelles ou avec des objets artificiels. Les oeuvres racontent de nouvelles histoires, interrogent notre relation avec les autres formes de vie et tissent des liens poétiques entre des éléments habituellement séparés. En mettant en lumière des ressemblances inhabituelles, elle questionne les systèmes de classification traditionnels et notre perception de ce qui est vivant ou ne l’est pas.
Sur le plan pictural, elle s’inspire de l’esthétique du dessin naturaliste et des natures mortes. La peinture et le dessin sont ses médiums de prédilection. Plus récemment, souhaitant renouer avec sa formation de designer, Claire a commencé à travailler en volume en concevant des sculptures-objets.