16 octobre
06 décembre
Expositions
Exposition « Forêts »
Entrée libre, du mardi au dimanche de 14h à 19h (sauf le 11 novembre). Visite guidée gratuite les mercredis et dimanches à 16h30.
Du 16 octobre au 6 décembre
Les œuvres des sept artistes présents à l’Écu de France mettent en avant la dimension intime de la forêt, comme un miroir de nos propres enracinements, elles suggèrent que la forêt, loin d’être extérieure à nous, fait écho à nos paysages intérieurs.
Au cœur de cette exposition, la forêt devient un territoire d’exploration artistique, une entité vivante, fragile et mystérieuse. Lieu refuge et énigmatique, à la fois espace naturel et source d’imaginaire, la forêt se prête à tous les regards et à toutes les interprétations artistiques. À travers leurs pratiques, les artistes s’approprient ses formes, ses lignes, ses racines enfouies et son écorce marquée par le temps.
Artiste pluridisciplinaire, Isabel Bisson Mauduit, travaille la photographie, la broderie, le dessin et la couture pour faire naître sur des draps de coton des forêts mystérieuses et denses à la fois protectrices et inquiétantes. Comme elle, Audrey Keller, graveuse, sculptrice et brodeuse exprime son intérêt pour la nature et ce rapport ambivalent que l’humain entretient avec elle. Les écorces et branches glanées en forêt et rehaussées de broderies redonnent vie à la terre et au bois. La plume et l’encre de Chine sont les outils de prédilection de Michèle Caranove, parfois accompagnés de pastel ou d’acrylique pour faire affleurer la lumière. Arbres, haies, ronces, lianes et bois morts traversés d’une histoire silencieuse nourrissent son regard et guident sa plume jusqu’à former des paysages denses et vibrants quasi photographiques.
Longtemps présente en arrière-plan de son parcours de laqueur et de peintre restaurateur, la photographie a retrouvé une place centrale dans La photographie accompagne le travail de Pascal Cuart dans un dialogue entre regard, matière et lumière. À travers voiles, calques et surfaces diaphanes, les œuvres de Fabien Jouanneau invitent à franchir un seuil vers un monde flottant, entre matérialité et évanescence. Ses compositions ouvrent un espace de doute, où le réel se trouble et se dédouble laissant affleurer un univers onirique, à la fois familier et étrange. Clothilde Lasserre fait quant à elle dialoguer la peinture et la sculpture pour composer une œuvre autour du vivant. Ses vues aériennes, faites de foules, d’arbres et de ramifications, dessinent des paysages de liens et de circulation. La céramique prolonge cette recherche dans des formes organiques, proches du corps ou du végétal. Enfin, l’artiste plasticienne Dominique Moreau traverse les trois univers (végétal, minéral et organique), comme autant de fragments du vivant.
Voiles, fils et matières ajourées laissent passer la lumière comme à travers un feuillage, créant des espaces subtils où le regard circule librement. Certains travaux mettent en avant la dimension intime de la forêt, comme un reflet de nos propres enracinements. D’autres interrogent sa fragilité face aux bouleversements contemporains, soulignant
l’urgence de les préserver.
La notion de transparence est centrale dans les travaux de Fabien Jouanneau, que ce soit dans ses peintures recouvertes par un voile en polyester ou dans ses
dessins sur papier calque. Ses œuvres constituent autant d’invitations à traverser une surface diaphane pour pénétrer dans un monde en apesanteur. La translucidité du voile ou du papier calque joue un rôle actif primordial dans la révélation d’un univers onirique, plein de surprises, à la fois familier et étrange.
L’espace interstitiel, entre deux plans, constitue un entre-deux où tout peut advenir. Il reste incertain, entre matérialité et évanescence, imposant une certaine forme de lenteur. Son épaisseur semble s’abolir au profit d’un terroir voué à l’incertitude, à la subversion des sens – et pas seulement celui de la vue, à la confusion des notions de présence et d’absence, au chambardement d’une réalité vacillante et de son improbable image spéculaire virtuelle. Il est simultanément inframince, au sens duchampien de ce terme, et d’une abyssale profondeur. (Louis Doucet)
Isabel Bisson Mauduit commence ses études d’art à Caen puis entre à l’Université Paris Sorbonne et aux Beaux-Arts de Paris. Son projet de fin d’études, portraits
photographiques en noir et blanc des anciens de son village natal en Normandie, montre dès le début l’ancrage de son travail dans l’humain.
Entre anthropologie, sociologie et humanisme, le travail d’Isabel interroge depuis inlassablement la question de l’identité et de l’individu dans la société tout autant que dans son intimité. Dans ses forêts la nature est à la fois protectrice et inquiétante l’homme s’abrite se cherche se fait peur se perd et parfois s’installe. Isabel brode comme elle peint, des bois. Et souvent derrière les arbres il y a des habitats précaires.
Pascal CUART intègre l’ENSAAMA en section laque, puis les Beaux-Arts pour perfectionner ses connaissances en chimie de la peinture et en anatomie.
En 1980, il part faire son service militaire en tant que photographe. Par la suite, pendant quelques années, il participe à divers projets de restauration dont le salon chinois du château de Fontainebleau ou le décor peint du théâtre du château de Valençay. Il a une clientèle privée pour des muraux et des trompe-l’oeil.
Dès 1990, il se recentre sur son travail personnel utilisant différents médiums, peinture, pastel, pour un travail en atelier ou sur le motif. La photographie est mise en veille. Avec l’arrivée du numérique, il remet son activité photographique au coeur de son travail personnel. Depuis, ces différentes techniques qu’il a toujours pratiquées, trouvent un équilibre et sont menées en parallèle.
Monde végétal : racines, branches, germes, graines, écorces…, évocation des pratiques agricoles, horticoles, maraîchères qui modèlent la nature, le paysage…
Monde minéral : pierres de roche ou de béton qui entravent nos chemins et me fascinent… Monde organique animal ou humain : chair, peau, organes… Dominique mélange l’universel aux histoires particulières. Elle aborde ces éléments séparément ou les met en relation, comme des morceaux d’existence, de force de vie. Cette vitalité bat dans son travail de peinture et de volumes-sculptures, et lui donne le souffle…
audreykeller.my.canva.site/galerie
Artiste plasticienne formée à Lille au Centre d’Arts Plastiques et Visuels de 2000 à 2006. Audrey Keller expose ses créations au sein d’un atelier lillois promouvant l’art contemporain : Lasécu. Elle y pratique différents médias : gravure, sculpture et textile. Ses recherches graphiques visent à mettre en lumière les liens entre la
nature et l’humain. L’utilisation de formes ou d’éléments répétitifs formant un tout lui permettent d’interroger le spectateur sur son humanité et sa relation transgénérationnelle au vivant.
artmajeur.com/michele-caranove
Diplômée des Beaux-Arts de Valence, Michèle Caranove travaille « au trait ». Le même outil et le même trait permettent des nuances de gris, des modelés, jusqu’au dessin final. Elle utilise tantôt la plume Sergent Major tantôt une plume à dessin, plus fine. L’encre de chine est sa « matière » à laquelle elle ajoute parfois un peu de pastel. J’ai le dessin dans la peau comme les arbres ont la vie sous l’écorce. Ils sont en partie son sujet avec les trognes, chênes du bocage, châtaigniers d’Ardèche, oliviers du sud Drôme, tas de branches, herbes, bois morts etc. Avec le temps, elle explore les sujets avec plus de complexité, elle dessine les haies du bocage, les amas de ronces, abusés, lianes etc.
Néanmoins ils ne sont que prétexte à explorer les possibilités de cet outil que beaucoup considèrent comme ingrat mais dont elle affectionne le trait au-delà de
tout autre outil plus « contemporain ». Sa qualité est inégalable. De loin ses dessins donnent l’impression d’une photo ; de près un fouillis de traits, de rayures, ronds…
Peintre et sculptrice, Clothilde Lasserre développe depuis plus de vingt ans une œuvre sensible et engagée autour des liens entre l’humain et son environnement. Sa peinture à l’huile, médium d’origine, propose des vues aériennes de foules et d’arbres, comme une cartographie vivante faite de racines, de ramifications, de réseaux. Une manière sensible d’interroger les connexions, visibles ou invisibles, qui nous relient les uns aux autres et au monde naturel.
Ce regard se prolonge dans un travail de sculpture en céramique, délicat et organique. Les formes, proches du végétal ou du corps, évoquent les flux, les circulations, les interrelations, ces liens mystérieux qui traversent le vivant.